Asie : rééquilibrer, recalibrer, transformer
Alors que la Chine réoriente sa production et ses marchés vers l’Asie du Sud-Est, la région reste un point central pour gérer la volatilité des politiques commerciales et encourager la croissance à long terme.
Durcissement du commerce mondial et protectionnisme
En 2025, les États-Unis ont mené le mouvement avec des droits de douane élevés et généralisés, touchant aussi bien les importations de base que l’acier, l’aluminium et les semi-conducteurs.
Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ne devraient pas aboutir à un accord unique, mais à plusieurs accords nécessitant de longues discussions. Ce paysage commercial marqué par les tarifs douaniers annonce l’émergence d’un nouveau paradigme qui devrait perdurer bien au-delà de l’administration américaine actuelle.
La fenêtre de croissance de la Chine
Une courte pause des tarifs américains a stimulé les exportations et la production manufacturière, mais l’élan s’est essoufflé dès le retour des tarifs. Les consommateurs américains ont réduit leurs achats, pesant sur les perspectives de croissance de l’Asie. En 2026, la Chine devra gérer la volatilité, maintenir la croissance et déplacer sa base de production.
Le 15ème plan quinquennal
Pour réduire son exposition aux tarifs américains et à la faiblesse de la demande extérieure, la Chine pousse la production et l’expansion des marchés vers l’Asie du Sud-Est. Cela s’inscrit dans une réinitialisation plus large prévue dans son 15ème plan quinquennal.
Le plan vise à renforcer la demande intérieure, augmenter les salaires, améliorer les services sociaux et développer les zones rurales. Il repose fortement sur la « double circulation », c’est-à-dire que la Chine souhaite que ses propres consommateurs et sa propre technologie jouent un rôle plus important. Le pays dispose de 25 000 milliards de dollars de dépôts des ménages, donc le pouvoir d’achat est bien présent.
Des systèmes plus verts et une technologie plus intelligente
La Chine vise à produire davantage de ses propres semi-conducteurs, à accélérer l’adoption de l’IA et à développer les énergies propres et la modernisation des réseaux électriques. Elle prévoit également de renforcer le contrôle du carbone, visant un pic d’émissions en 2030 et la neutralité en 2060.
Problèmes structurels
Malgré les ambitions de la Chine, les problèmes structurels persistent. La population diminue, la demande immobilière reste faible et la surcapacité dans des secteurs comme les véhicules électriques et le solaire pèse sur les perspectives. Les régulateurs réagissent avec des règles plus strictes et un soutien ciblé. Les baisses de taux seront prudentes afin d’éviter de relancer la spéculation immobilière.
La Chine souhaite sortir de cette transition comme une économie plus résiliente et axée sur l’innovation. Pour les investisseurs, cela crée des opportunités dans la technologie, l’énergie propre, la santé et la consommation, mais cela implique aussi de prendre en compte le risque politique et les tensions géopolitiques.
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21 enero 2026
